Aménagement des berges de la Lergue et de la Soulondres et création d’une salle de spectacles dans un ensemble patrimonial
Les 10 sites de projet
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Le parc fluvial de la Confluence
Atelier du Rouget Simon Teyssou et Associés
Architecte urbaniste paysagiste mandataire
Ingénierie VRD
Structure, fluides, économiste
Acoustique
Expertise hydraulique
Expertise écologique
Scénographie
Illustration
Maquette
Croquis réalisé par Martin Régnier, membre du jury citoyen de Lodève, lors de la Manufacture du quartier
Depuis vingt ans, l’Atelier du Rouget développe une démarche patiente au cœur des territoires en marge et de la ruralité. Ses projets sont de natures et d’échelles multiples, à l’image de ces milieux habités, eux-mêmes extrêmement contrastés : logements individuels et collectifs, équipements culturels et sportifs, plans guides, infrastructures, mobiliers... Simon Teyssou, son fondateur récemment distingué par le Grand Prix de l’Urbanisme, et ses associés, ne tracent pas de ligne de partage nette entre les interventions urbaines, architecturales et paysagères, entre les enjeux constructifs et les enjeux territoriaux, sociaux, économiques. Fidèle à une pensée trans-scalaire, portée depuis de nombreuses années par l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Clermont-Ferrand dont Simon Teyssou a été le directeur, la démarche de l’Atelier du Rouget cherche au contraire à dépasser ces clivages et ces divisions qui, sans doute plus encore dans les milieux ruraux, conduisent à faire disparaître les liens vitaux et les continuités essentielles à l’habiter.
Pendant ces deux décennies et malgré la diversité des situations rencontrées, s’est progressivement mise en place par tâtonnements, expérimentations, essais et reprises, une véritable méthode, fondée sur des relations de proximité et de confiance, d’échanges, de pédagogie, organisée autour d’ateliers, de résidences, d’accompagnements. Le village du Rouget fait ici figure de milieu-matrice, ou encore de laboratoire de recherche in situ, au sein duquel sont explorés des possibles, cherchant à faire la démonstration qu’un bourg rural ne se réduit pas aux représentations trop rapides et simplistes dans lesquelles on le cantonne souvent. Au-delà de ce bourg initial, à la manière d’une tache d’huile, ce sont d’autres lieux, villages, bourgs, villes, qui deviennent espaces de recherche concrète, supports de réflexivité d’une pratique engagée et agile.
À partir de ces expériences répétées et singulières, conjuguées à un approfondissement théorique soutenu, se dégagent quelques principes qui, loin de se présenter comme des règles rigides, apparaissent bien plutôt en filigrane des projets. Le principe d’attachement d’abord, qui renvoie aux milles liens dont sont tissés les milieux habités et dont il est urgent de veiller à la préservation, voire à la régénération. Le principe du possible, élément essentiel de tout projet conscient de l’imprévisibilité. Le principe de la durée enfin, si crucial à notre époque marquée par une crise écologique sans précédent, qui s’incarne dans une attention au temps long, à la maintenance et à la transmission d’un précieux héritage humain.
Dans le cadre de notre candidature au projet Quartier de Demain, nous avons accordé une importance particulière à la collaboration avec des bureaux d’études de taille humaine et ancrés localement. Les très petites et petites entreprises avec lesquelles nous nous sommes associés sont toutes implantées dans le Massif central et revendiquent une connaissance fine du territoire. Cette proximité, tant géographique que philosophique avec notre agence, facilite les échanges, le travail collaboratif et la constitution d’une véritable équipe de concepteurs et conceptrices. Cette équipe pluridisciplinaire met en synergie ses compétences et savoir-faire pour repenser les pratiques de conception urbanistique, architecturale et paysagère de demain.
Entre la Lergue et la Soulondre s’invente une ville qui joue avec l’eau, le climat et le vivant. Parc fluvial de la Confluence, salle de spectacle et espaces publics composent un lieu commun, où nature, culture et mobilités douces s’unissent pour refonder le quotidien.
Le projet s’ancre au coeur de l’ancienne ville textile héraultaise, dans son centre ancien marqué par la désindustrialisation, les fragilités sociales et l’exposition récurrente aux crues cévenoles. Dans ce tissu dense, où les logements manquent d’espaces extérieurs, beaucoup d’habitants subissent au quotidien des mobilités contraintes : peu de ménages disposent d’une voiture, et les vacances sont hors de portée pour beaucoup. La transformation urbaine s’organise autour du parc fluvial de la Confluence. Chacun de ses aménagements endosse le rôle de refuge climatique et d’espace social, offrant un cadre de vie digne, de l’ombre et de la nature à une population souvent privée de balcon, de loggia ou de jardin privatif. En redonnant aux rivières leur rôle central, il devient une colonne vertébrale de mobilités douces, reliant les quartiers par des parcours en long et en travers. Le parc assume les crues, redonne une place aux milieux non humains et crée un espace de cohabitation entre habitants et biodiversité. Mais il est aussi un espace culturel informel, accessible à pied, qui accueille promenade, sport, fêtes populaires et pratiques artistiques. En écho, la salle de spectacle prolonge cette dynamique en tant qu’équipement structurant. Ensemble, parc et salle affirment que la culture se déploie dans les usages, les espaces publics, l’architecture et le paysage. Lodève démontre ainsi qu’une petite ville peut transformer ses contraintes en ressources et inventer un urbanisme sobre, hospitalier et porteur de justice sociale.

